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Des appellations diverses pour désigner les Gens du voyage : explications

21 / 04 / 2020
Des appellations diverses pour désigner les Gens du voyage : explications
Synthèse de Pascal Boulanger (Groupe départemental BD EFIV 77)



La famille des Tsiganes est un peuple originaire du Nord-Ouest de l’Inde, qu’ils ont quitté il y a plus de mille ans. De tradition nomade, ce peuple aurait quitté cette région en plusieurs vagues de migration, et progressé vers l’ouest dès la fin du IXème siècle à la recherche de terres accueillantes et propices à une vie meilleure. Ceci est la première hypothèse.

La seconde hypothèse qui n’est pas incompatible avec la première, serait qu’au début du XIème siècle, une grande partie de cette population indienne ait été déportée et réduite en esclavage par les Turcs iranisés. Entraînés en tant qu’esclaves militaires par les Seldjoukides dans leurs guerres de conquête, les Tsiganes ainsi soumis, pénètrent en 1071 dans la Romanie Byzantine (Turquie actuelle) dans le sillage des colonisateurs.

Il ne s’agit pas là au départ d’un peuple au sens premier du terme, mais de personnes aux compétences hétérogènes utiles aux armées turques : forgerons, dresseurs, soigneurs et musiciens (indispensables au dressage des animaux de guerre), serviteurs, etc…, c’est à dire d’un certain nombre de castes mobiles, traditionnellement au service des armées. Pratiquement tous proviennent de la même région, parlent la même langue et se définissent comme rom/romni ce qui signifie, comme dans la plupart des langues indo-aryennes, « époux/épouse » (raman/ramni en hindi) ou encore comme mãnus : « être humain ».

Les Turcs donnent à certains d’entre eux le surnom de çigan, du persan Tchugan, signifiant « marchands de chevaux ». En Grèce, on les appellera Athinganos ou Atsinganos, du nom d’une secte de musiciens venus d’Asie mineure. Cela donnera le terme Tsigane en français.

La disparition de l’empire byzantin permettra à la plupart d’être affranchis et de reprendre le nomadisme.

Au XIIIème siècle, les attaques mongoles provoquent d’importants déplacements des populations vers Constantinople, vers la Thrace et vers les comptoirs vénitiens. Des compagnies militaires servent l’armée des Mamelouks d’Egypte alliée aux Latins pour contrer les troupes Mongoles. Des anciens esclaves d’origine Tsiganes, désormais affranchis, sont au service des compagnies militaires. Ils reçoivent le surnom d’ Egyptiens ( Egiptano , Gitano , Gitan ).

Ils ont, au fil du temps, traversé nombre de territoires et de pays pour arriver en Europe au cours du XVème siècle. Des documents d’archives relatent leur arrivée aux portes de Paris en 1427. On les appelle alors Bohémiens en raison d’une lettre de recommandation que l’Empereur Sigismond, roi de Bohême a confié à l’un de leurs chefs de clan, afin de favoriser leur circulation sur de nouveaux territoires.

L’accueil qui leur est fait est bienveillant et se traduit par un intérêt certain pour la richesse de leur culture. Jusqu’à la fin du XVIème siècle, la noblesse apprécie leurs grandes qualités dans l’art militaire, l’art divinatoire, leurs connaissances incontestables des chevaux et leur talent de musiciens. Beaucoup de ces troupes « égyptiennes » servent alors les armées privées des grands seigneurs féodaux et monarchies en Europe occidentale et en particulier en France.

Puis vient leur bannissement décrété par Louis XIV au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle (1666). Dès lors, ils sont contraints, d’expulsions en expulsions, de développer des stratégies de subsistances au travers de l’itinérance.

Ainsi, la fascination et le mystère font place au soupçon, la défiance, engendrant la crainte des populations sédentaires. Ils doivent alors subir la répression et le harcèlement des autorités pour aboutir à la mise en place d’une législation d’exclusion. Ils deviendront des romanichels . Ils n’ont pas d’autre choix que celui de se fondre dans la vie rurale et d’exploiter leur savoir-faire dans l’exercice de différents métiers itinérants ou semi-sédentaires (rémouleurs, affuteurs, rempailleurs, fabricants de paniers (les vanniers, ramoneurs…).

Puis au début du XXème siècle (1912), un carnet anthropométrique est établi pour chacun d’eux, dans le but de les recenser. Lors de la seconde guerre mondiale, il sera à l’origine de nouvelles persécutions. C’est ainsi que 700 000 tsiganes seront exterminés (le samudaripen ).

Un 1969, le carnet anthropométrique sera remplacé par le livret de circulation , document obligatoire en France pour toutes les personnes, ayant plus de 16 ans et sans domicile fixe. Les livrets de circulation ont été supprimés par la loi du 27 janvier relative à l’égalité et à la citoyenneté.

 

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