« Langue maternelle, langue d’écriture : parcours d’écrivains »

Dernier ajout : 21 mars 2010.

Le Centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage de l’Académie de Créteil, en partenariat avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, a présenté un cycle de conférences d’écrivains en avril-mai 2009. Chaque écrivain invité s’est exprimé sur le rapport entre la ou les langues de son enfance et sur la langue française qui a été choisie ou qui s’est imposée comme langue d’écriture.
Le CASNAV remercie vivement Cécile Oumhani, Leïla Sebbar, Georges-Arthur Goldschmidt et Sami Tchak.
Cécile Oumhani a eu l’extrême amabilité de nous donner le texte intégral de son intervention qu’elle dédie aux enfants migrants.

Vous pouvez lire le compte-rendu de ces conférences ainsi qu’une bio-bibliographie pour chaque auteur.

Leïla Sebbar est l’auteur de nombreux romans, nouvelles et essais traduits en plusieurs langues. Née en Algérie d’un père algérien et d’une mère française, tous deux instituteurs, elle est arrivée en France à l’âge de dix-huit ans pour poursuivre ses études supérieures de lettres. Elle a enseigné la littérature française puis s’est consacrée à l’écriture. L’histoire coloniale, l’exil, la mémoire familiale et féminine, la langue du père sont au centre de ses récits.
Compte-rendu de la conférence de Leïla Sebbar : « Ecrire, c’est interroger, émettre des hypothèses, chercher des réponses pour trouver l’accès à la langue paternelle. » 

Cécile Oumhani est une poètesse, nouvelliste et romancière franco-britannico-tunisienne. De mère écossaise et de père français, elle a grandi dans un environnement multiculturel, anglophone et francophone. Sa rencontre avec la Tunisie à l’âge adulte a nourri son imaginaire. Ses textes trouvent souvent leur ancrage en terre méditerranéenne, à la rencontre de femmes ou d’hommes en quête de leurs origines.
Texte intégral de son intervention : « Migrations et exils, forcés ou même choisis, créent un rapport particulier aux mots et à la page, qui devient un espace de reterritorialisation »

Georges-Arthur Goldschmidt est né en 1928 dans une famille juive allemande de la grande bourgeoisie de Hambourg, convertie au protestantisme depuis deux générations. Dès 1938, c’est la fuite loin de l’Allemagne nazie, la séparation d’avec la famille et l’arrachement à la langue maternelle. Réfugié dans un pensionnat en Haute-Savoie, l’enfant, exilé et maltraité, tire ses forces de l’apprentissage d’une nouvelle langue et de la découverte des grands écrivains français, La Bruyère, Pascal, Rousseau. Sa sensibilité s’est forgée entre et par deux langues : la langue maternelle tant aimée, pervertie par la haine ; la langue française, libératrice, qui sera la langue de sa naturalisation à 21 ans. Grand traducteur de Peter Handke, de Kafka et de Nietzsche, auteur de nombreux romans et essais, toute son oeuvre témoigne de sa double appartenance.
Compte-rendu de la conférence de Georges-Arthur Goldschmidt : L’enfant doit tomber dans la langue » 

Sami Tchak est né à Bowounda au Togo en 1960. Il a enseigné la philosophie au lycée pendant quelques années. Il est arrivé en France en 1986 pour poursuivre des études de sociologie qui l’ont mené en Amérique du sud et ont donné lieu à l’écriture de plusieurs essais sur la prostitution et le sida, notamment à Cuba et en Colombie. Ses romans qu’il définit comme engagés se situent tous en Amérique latine et abordent les thèmes de la marginalisation, de la misère, de la sexualité, de la violence dans des villes et des villages indéfinis. Sami Tchak a reçu le Grand prix de la littérature d’Afrique noire en 2004 pour l’ensemble de son œuvre.
Compte-rendu de la conférence de Sami Tchak  : « La langue a un rapport avec une terre »

 
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