CASNAV de l’académie de Créteil

"Gens du voyage" : un terme administratif

21 / 04 / 2020

Depuis le début du XXe siècle, l’État français a produit un certain nombre de lois qui portent tout d’abord sur les « Nomades » puis sur les « Gens du voyage », créant ainsi des catégories administratives relatives à des modes d’habitat.

La désignation « Gens du voyage » concerne des personnes dont « l’habitat principal est constitué de résidences mobiles » (loi dite Besson du 5 juillet 2000). Elle se confond dans les représentations avec celles notamment de « Tsiganes », de « Gitans », de « Manouches », de « Roms », …qui sont des désignations ethniques et renvoient à des dimensions culturelles.

L’appellation Gens du voyage est un terme administratif utilisé uniquement sur le territoire français. Les Gens du voyage sont en grande majorité des citoyens français, qui ont un mode de vie traditionnel fondé à l’origine sur la mobilité et voyage, même si nombre d’entre eux sont aujourd’hui sédentaires.

Jusqu’au milieu du 20ème siècle, ce terme était employé pour désigner des populations qui ont développé des stratégies de subsistance par la mobilité : les marchands ambulants, les commerçants ou les industriels forains. A ces deux catégories, s’en ajoutait une troisième, les nomades.

De nos jours, pour de nombreux Gens du voyage, l’itinérance s’est estompée et le rapport au voyage ne se maintient que sur le plan de l’habitat mobile et dans la préservation d’un état d’esprit hérité du nomadisme.

Les trois départements de l’académie de Créteil, notamment la Seine-et-Marne (77) où la réalisation du schéma département d’accueil des Gens du voyage est le plus avancé, accueille un nombre important de Gens du voyage, que l’on peut répartir de la manière suivante :
- les familles itinérantes se regroupant sur les aires d’accueil (15 à 40 caravanes) pour des durées de stationnement de quelques jours, voire quelques semaines et sur les aires de grands passages (50 à 100 caravanes) pour une durée moyenne de stationnement d’une à deux semaines ;
- les semi-sédentaires, vivant comme tous les autres en caravane et se déplaçant de façon ponctuelle ;
- les familles sédentarisées qui, sans renoncer définitivement au voyage, ne se déplacent que fort peu ou plus du tout, et s’installent durablement sur un territoire (aires d’accueil aménagées, terrains familiaux, parcelles privatives achetées ou louées…), conservant la caravane comme lieu d’habitation.

On estime qu’il y a en France environ 500.000 personnes qui peuvent être rattachées au groupe des « gens du voyage ». Au sein de ce groupe plusieurs distinctions s’imposent, qui peuvent être liées soit à l’origine des personnes (Pirdé, Yéniches, Sinti-Piémontais, Gitans, Manouches…), soit à la catégorie socioprofessionnelle d’appartenance. Loin d’être homogène, le groupe des « Gens du voyage » revêt des réalités sociales et économiques très diverses.

 

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